Xin et Julien : De Langogne à Vichy (août 2024)
Pour le voyage à vélo de l’été 2024, notre choix s’est porté sur la Via Allier. Une toute jeune véloroute qui traverse l’Auvergne. Son tracé de 455 km suit le cours de la rivière Allier, de Langogne en Lozère à Nevers dans la Nièvre en traversant la Haute-Loire, le Puy de Dôme et l’Allier. Le parcours, décidé en dernière minute, a été sélectionné en raison des possibilités d’embarquer aisément nos vélos dans un train depuis Paris.
Plus précisément, nous avons choisi de parcourir en 6 jours les 280 kilomètres qui suivent l’une des dernières rivières sauvages d’Europe entre Langogne et Vichy. Pour se rendre au départ à Langogne, il faut emprunter la ligne TER qui relie Clermont-Ferrand à Nîmes. La ville de Vichy est quant à elle mieux desservie puisque sur la ligne Paris-Clermont-Ferrand.
Que retenir de ce périple sur la Via Allier ?
La portion de Langogne à Vichy sur la Via Allier traverse une variété de paysages et de beaux sites. Toutefois le parcours s’adresse à des cyclistes un peu expérimentés et bien équipés dès l’instant où le relief devient prononcé. Il convient donc de disposer d’un vélo avec un bon panel de vitesses ou alors d’opter pour un vélo à assistance électrique. C’est un bon parcours dans la mesure où il propose de nombreux endroits où camper ainsi qu’une bonne desserte ferroviaire avec des gares tout du long. Il faut cependant noter que la Via Allier emprunte beaucoup de routes, dans la plupart des cas assez peu passantes, mais ces critères font de ce parcours une véloroute pour cyclistes avertis.

Troupeau de vaches au bord de la Via Allier en Auvergne © Xin Leprovost
Pour les débutants ou les familles avec enfants, d’autres trajets en France se montrent plus appropriés comme La Loire à vélo ou la Vélodyssée (sa portion en bord de canal entre Nantes et Morlaix, par exemple). La Via Allier, et le Massif central de façon plus générale, peuvent être une bonne porte d’entrée au vélo en montagne pour sa partie entre Brioude et Langogne. Pour celles et ceux que l’aventure tenterait, les deux sens de la Via Allier sont possibles : du Sud au Nord offre l’avantage d’être plus aisé car en descente, tandis que celui du Nord au Sud permet de se garder les meilleurs paysages et sensations pour la fin.
À noter : je suis journaliste à GoodPlanet mag, un magazine de la fondation GoodPlanet présidée par Yann Arthus-Bertrand.
Retrouvez mon article sur la Via Allier en intégralité sur notre site dans la rubrique Lifestyle / Société.
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Premier jour, de Langogne au Bouchet-Saint-Nicolas, sur les traces de Stevenson
Langogne, point de départ du voyage, en Lozère, se montre une charmante bourgade. De là, nous suivons, via des petites routes, l’Allier qui chemine dans de magnifiques gorges. Nous tombons dans le village de Pradelles, qui n’usurpe pas d’être classé parmi les « plus beaux villages de France », sur la procession du 15 août en l’honneur de la Vierge.
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Une fois arrivés à Saint-Haon Le Nouveau Monde et ses spectaculaires viaducs, nous nous dirigeons vers Le Bouchet-Saint-Nicolas. Ce petit écart de quelques kilomètres de la voie vélo permet de se rendre au lac du Bouchet situé à 1200 mètres d’altitude dans le cratère d’un volcan éteint, afin d’y faire une petite baignade.
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La journée alterne entre gorges, montagnes, villages de caractères, ainsi que le chemin de Stevenson. Il s’agit du GR 70 qui reprend le trajet emprunté au XIXe siècle par l’aventurier Robert Louis Stevenson dont il a tiré un récit autobiographique Voyage avec un âne dans les Cévennes qui a plus tard inspiré la comédie Antoinette dans les Cévennes. Le GR70 passe en effet non loin de là. Nous dormons à l’Arestadou, un gîte ferme dont les exploitants cultivent la lentille verte qu’ils font goûter au diner, ou plus original, sous forme de confiture au petit-déjeuner.
Deuxième jour, du Bouchet-Saint-Nicolas à Langeac, brume, falaise et orgues basaltiques
La seconde journée nous conduit à Langeac. Elle se poursuit sous une ambiance de montagne, et ce qui va avec, c’est-à-dire une météo qui fluctue rapidement.
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En effet, tandis que nous partons par un temps certes nuageux mais avec une vue dégagée, voilà que quelques kilomètres plus tard, au hameau suivant, une brume épaisse se lève et nous accompagne pour les deux heures qui suivent.
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Arrivé à Saint-Privat sur Allier, le ciel s’est dégagé. Puis, c’est à Prades, le temps d’une pause au bord de l’eau, que nous admirerons les spectaculaires orgues basaltiques issus d’une coulée de lave, qui dominent l’Allier. Enfin, nous avons fait étape à Langeac.
Troisième jour, de Langeac à Vieille-Brioude, descente de montagne
Au fur et à mesure qu’on descend en altitude et qu’on se rapproche de l’agglomération de Clermont-Ferrand, le paysage se fait moins sauvage, les villages et les hameaux sont plus proches et les routes un peu plus passantes. Le relief s’atténue également. La sensation de tranquillité et le sentiment de solitude s’estompent peu à peu.
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De Langeac à Vieille-Brioude, la route passe par Chilhac qui, en plus d’être un charmant village médiéval, propose une vue stupéfiante sur l’Allier ainsi que des orgues basaltiques.
À Vieille-Brioude, après avoir visité la ville et son musée-jardin de la vigne, nous dormons dans une chambre d’hôte logée dans la montagne, qui offre un agréable repos sous les pruniers avec une vue imprenable.
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À Vieille-Brioude, après avoir visité la ville et son musée-jardin de la vigne, nous dormons dans une chambre d’hôte logée dans la montagne, qui offre un agréable repos sous les pruniers avec une vue imprenable.
Quatrième jour, de Vieille-Brioude à Issoire, routes de plaine
Aller du Sud au Nord offre deux avantages : être « dans le sens de la descente » et éviter de trop rouler avec le soleil de face. Le revers de la médaille est de taille, la partie la plus sauvage et belle du voyage se trouve au début de l’itinéraire. Ainsi, l’étape Brioude – Issoire s’est montrée peu marquante en raison de l’augmentation de la densité du trafic ainsi que l’impression de traverser un ancien bassin minier et une plaine agricole. Les villes traversées offrent du beau patrimoine, notamment Brioude et Issoire avec leurs édifices religieux. Des petits crochets sont possibles pour voir de jolies localités. Brassac propose également un musée dédié à l’histoire de la mine.
Je suggèrerai d’ailleurs de faire l’impasse sur le vélo pour cette étape en prenant le train ou bien en faisant une escapade à Clermont via ce dernier, de laisser les vélos et d’aller voir la ville et/ou le Puy de Dôme. Sinon, pour les amateurs de vélo sur route et de montagnes, il est possible de poursuivre l’aventure en bifurquant vers l’Ouest pour aller, via d’autres itinéraires que la Via Allier, vers le massif du Sancy ou bien d’emprunter la véloroute Grande traversée du volcan à vélo.
Cinquième jour, d’Issoire à Lezoux, l’Allier rivière à saumons
L’étape d’Issoire à Lezoux se montre plus intéressante, notamment grâce à l’impression de revenir un peu en montagne à la sortie d’Issoire. Deux chemins sont possibles à partir de Vic-le-Comte : le premier propose une voie verte séparée de la route au nord de l’Allier, tandis que le second emprunte des petites routes qui offrent du dénivelé.
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La ville de Pont du Château propose également de beaux panoramas. Pour atteindre Lezoux, il faut être vigilant afin de ne pas emprunter des routes trop passantes.
Sixième jour, de Lezoux à Vichy, voie verte tranquille
Le voyage touche à sa fin pour nous avec la dernière étape entre Lezoux et Vichy. Elle s’effectue rapidement car quasiment que sur du plat et en grande partie sur une voie verte en bord d’Allier. Entre les arbres, elle offre de la fraicheur. Vichy propose une ambiance de ville thermale, très art déco et début du XXe siècle lui conférant un charme suranné en plus de se révéler agréable.